Partager l'article ! Les mines de Potosi - Le salar d'Uyuni: Durant notre séjour à Sucre, nous décidons d'organiser 4 jours d'excursion pour visiter les ville ...
Ne rêvons pas notre vieDurant notre séjour à Sucre, nous décidons d'organiser 4 jours d'excursion pour visiter les villes de Potosi et d'Uyuni.
Nous commençons par le trajet en taxi (2H30 pour 12 euros) pour nous rendre à Potosi.Potosi doit sa renommée à son altitude de 4100m, ville la plus haute du monde mais aussi à ses ressources minières. Au XVIII ème siècle se fût la ville la plus riche d’Amérique Latine.

Nous trouvons une agence avec un guide français et par le plus grand des hasard nous nous retrouvons au même moment avec Audrey, jeune suisse, avec qui nous avions passé 10 jours
à la chambre d'hôtes à Cusco ! le monde est petit !. Grand plaisir pour tous de se revoir, nous avons partagé nos repas ensemble ce jour là et nous nous sommes racontés nos aventures
depuis le Pérou.
A 14 heures, rendez vous devant l'agence pour la visite de ces mines coopératives qui constitue un des souvenirs de Potosi.
Elle donne l’occasion de découvrir les conditions de travail digne du Moyen Age !
La visite n’est pas facile en raison des galeries parfois étroites ou basses. Et ne pas oublier la boue, la température (45° degré au sommet) et l’exposition aux produits chimiques (amiante, gaz nocifs….).
Nous demandons à l’agence de faire une visite « allégée » pour les enfants, 1 heure suffira à l'intérieur de ces galeries.
L’autre intérêt de cette visite est la rencontre avec les mineurs.

Cette montagne pointue est la mine que nous visiterons. La visite débute par le bas et petit à petit, les visiteurs montent au sommet.

Première étape de visite : revêtir l'équipement du parfait mineur : pantalon, veste, casque et bottes en caoutchouc.
L'agence a réussi à trouver un équipement quasi à la taille des enfants !
Marine et Mathis sont à la fois inquiets et amusés de cet accoutrement qui ressemble un peu à celui du pompier et du marin !
Deuxième étape : nous nous rendons dans une boutique pour acheter des petits cadeaux à offrir aux mineurs que nous rencontrerons : boissons sodas, feuilles de coca.... La guide nous montre
également les batons de dynamite qu'ils utilisent ainsi que l'alcool à 97 % qu'ils ingurgitent pour tenir toute la journée.

Nous voici sur le site, les lampes torches installées sur les casques, nous nous dirigeons vers une des entrées de la mine.
Nous rentrons dans ce trou noir et peu rassurant, nous suivons le rail des wagonnets et déjà des particules de poussières volent autour de nous.
Les bottes sont utiles, la galerie est gorgée d'eau et de boue. Tout de suite, une odeur nous rappelle que la mine est toujours en activité : pierre chaude, soufre.... l'air est respirable mais
nous pensons déjà qu'il ne faudrait pas aller trop loin...

Au début de la visite, la guide nous dirige vers une statue en pierre "el Tio", divinité des mines.
Nous participons au rituel qui consiste à lui offrir des feuilles de coca, du whisky bolivien et une cigarette afin d'éloigner le mauvais oeil des mineurs. Tous les mineurs, du plus âgé
au plus jeune lui versent un peu d' alcool sur les yeux (pour trouver des filons), sur les bras (pour la force), sur la tête (pour la santé), sur le zizi (pour la fertilité). Ce dernier
a bien fait rire les enfants en le faisant !

En s'engoufrant dans une galerie, un peu difficile à respirer, nous rencontrons Pedro qui travaille ici depuis l'âge de 14 ans. Nous nous asseyons pour le regarder travailler puis écouter son
histoire.
Marine et Mathis, lui offrent une bouteille de sodas et un sachet de feuilles de coca.

Les mineurs carburent à la coca. Ils en chiquent en permanence, 200 à 300 feuilles en même temps, ce qui leur déforme les joues. Ils grignotent en même temps des « cailloux » faits de
cendres de racines de quinua, ce qui démultiplie l'effet de la coca.
Ils fument des cigarettes sans filtre, faites de tabac, de coca et d'anis dans du papier de riz.
Leur salaire est d'environ 50 bolivianos par jour (5 euros), correctement payé pour la Bolivie.
Ils disent ne pas faire travailler les enfants dans la mine, seuls les adultes à partir de 15 ans !

Les mines sont constituées d'étages espacés de 30 mètres. Seuls les étages médians sont équipés de rails. Aujourd'hui, les mineurs creusent dans la partie inférieure, renvoient le minerais vers
la partie supérieure à l'aide d'un gros sac en caoutchouc attaché à un système de contrepoids. Ils jettent ensuite le minerais dans une trémie qui permet de le déverser directement dans le
wagonnet. Leurs outils sont rudimentaires (pelles, pioches et marteaux piqueurs pour les veinards), le nombre d'heures de travail quotidien est de 8 selon la loi mais plutôt 10-12 en
réalité, et les cristaux d'amiante dans les galeries sont nombreux (c'est ce qui les tuent nous dit la guide !).

Nous sommes restés 1 heure à l'intérieur de la mine, la guide nous a invité à sortir car le reste de la visite serait plus difficile pour les enfants. Vu les hauteurs sous plafond, je dirai que
Philippe a eu plus de mal à avancer, toujours courbé.
Marine et Mathis n'ont ressenti aucune difficulté et apprécié cette visite.
Pour nous adulte, prendre conscience des conditions de travail (espérance de vie 40 ans), nous a donné quelques frissons.


A la sortie de notre galerie, les enfants de mineurs nous attendent pour nous vendre quelques mineraux. Leur joie fût grande en voyant Marine et Mathis ! ce sont eux qui ont insisté pour une
photo souvenir.
En les quittant, je n'ai pu m'enpêcher de penser que dans quelques années, ils suivront avec fierté le chemin de leur père....Et oui car à Potosi, être mineur est une fierté !
Mathis est rentré dans la mine en ayant la conviction qu'il allait trouver de l'or ou de l'argent. Nous l'avons même surpris dire : quand je serai grand je serai mineur !.
Mais en ressortant bredouille il nous a dit que tout compte fait ça ne l'intéressait pas !

Le lendemain matin, nous partons en bus pour Uyuni, ville à 6 heures de route. Après s'être renseigné, il n'y a pas de taxi qui va sur Uyuni et pour cause ce n'est pas une route mais une
piste !
Le trajet s'annonce difficile, nous achetons quelques biscuits et bananes pour tenir la journée. Le bus ne fera qu'un seul arrêt vers 15 heures !

Les 3 premières heures passent en admirant le paysage : grandiose, la Bolivie est magnifique !
Les enfants s'occupent avec leurs DS ( ça aide vraiment durant les longs trajets !).
A part 2 ou 3 villages rencontrés en 6 heures, nous roulons en pleine montagne désertique.

Au bout de 4 heures de route à être secoué comme des pruniers (il est impossible de dormir, la tête reposé sur le siège !), nous commençons à en avoir marre !

Bien que certains plateaux nous révelent des vues digne de cartes postales, le trajet est long (surtout pour les adultes).
Marine et Mathis sont toujours acaparés par leurs parties de DS (les boliviens regardent leur jeu avec curiosité !).
Je suis obligée de ranger mon appareil photo car la piste étant si poussiéreuse, nous nous retrouvons tous en fin de voyage avec une fine pellicule de terre.... vivement la douche !
Enfin vers 18 heures nous arrivons à Uyuni, nous sommes fatigués, courbaturés mais heureux d'être aussi proche de la merveille d'Uyuni : la salar !
Uyuni, ville où tous les touristes se retrouvent pour faire l’excursion du Salar et du Sud Lipez.
Ville située à 3700m d’altitude. Elle est qualifiée de « frigo » le froid est omniprésent dès le soleil couchant et attention, les hôtels ne sont pas tous pourvus de chauffage !
Cette ville vie essentiellement de l’extraction du sel du salar et du tourisme.
Elle n’est pas très jolie, peu d'intérêt…. mais les agences sont partout dans le petit centre.
En 1 heure de temps, nous nous sommes installés à l'hôtel (que nous avions réservé le matin même) puis trouvés une agence qui propose l'excursion dans le salar pour le lendemain.
Dans cette partie de la Bolivie, nous aurions pu faire l'excursion de 3 jours qui consiste à voir le salar puis de magnifiques lagunes (rouges et vertes), tout cela en 4x4. Mais l'hébergement rudimentaire, la température inférieure à O la nuit et les longueurs de piste, nous incitent à y renoncer avec des enfants (Jacqueline et Olivier nous l'ont déconseillé).





Le salar d’uyuni, avec ses 12 000 km2, est le plus grand réservoir de sel du monde.
Il est si blanc qu’il est obligatoire de s’y promener avec des lunettes de soleil !
Nous y voyons le reflet à la perfection des nuages et du ciel, au point de masquer l’horizon. L’effet est magique, on a l’impression de voler au milieu des nuages !
L'épaisseur de sel varie de 3 cm à 120m de profondeur.













